Les négociations annuelles obligatoires 2020 de Darty Grand Ouest ont été fortement perturbées par la crise sanitaire. Après deux premières réunions les 21 février et 12 mars 2020, elles ont été interrompues pendant le confinement avant de reprendre les 21 septembre et 1er octobre 2020.
Elles ont abouti à un accord signé le 5 octobre 2020, applicable à compter du 1er octobre 2020 à l’ensemble des salariés de l’UES Darty Grand Ouest.
Aucune augmentation collective générale
L’accord ne prévoit aucune augmentation collective des salaires, en dehors de l’application obligatoire des minima conventionnels.
Les augmentations du salaire de base reposent exclusivement sur des décisions individuelles de la hiérarchie, avec les enveloppes suivantes :
- 45 000 € pour les employés, ouvriers et techniciens en 2020, soit 135 000 € en année pleine ;
- 40 000 € pour les agents de maîtrise et les cadres en 2020, soit 120 000 € en année pleine.
Une attention particulière doit être portée aux salariés de l’Assistance technique téléphonique de Bègles, aux concepteurs vendeurs cuisine et aux encadrants des plateformes de livraison.
La création de deux grilles pour les techniciens
L’accord crée deux grilles salariales distinctes afin de mieux prendre en compte les différences entre les métiers :
- une grille pour les techniciens de la réparation, du reverse, de la relation client et de l’intervention à domicile non mixtes, dits « EGP » ;
- une grille spécifique pour les techniciens mixtes intervenant à domicile.
La grille des techniciens non mixtes prévoit des salaires fixes allant d’environ 1 533 € à 1 858 € bruts mensuels, auxquels peut s’ajouter une rémunération variable pouvant atteindre 375 €.
Pour les techniciens mixtes, les salaires fixes sont compris entre 1 590 € et 1 900 € bruts mensuels. Leur rémunération variable peut atteindre 375 €, à laquelle s’ajoute un bonus supplémentaire de 100 €, soit un variable potentiel pouvant aller jusqu’à 475 €.
Les techniciens mixtes précédemment positionnés au niveau II, échelon 3 passent au niveau III, échelon 1. Ceux positionnés au niveau III, échelon 1 passent au niveau III, échelon 2. Les nouvelles grilles sont applicables depuis le 1er octobre 2020.
La création d’une prime vacances
La principale nouveauté des NAO 2020 est la mise en place d’une prime vacances pérenne.
Pour l’année 2020, son montant maximal est fixé à 150 € bruts. Elle doit être versée sur la paie du mois d’octobre aux salariés :
- ayant au moins deux ans d’ancienneté au 1er octobre 2020 ;
- présents dans les effectifs au 30 septembre 2020.
Son montant est proratisé en fonction du temps de travail contractuel et du temps de présence. Toutefois, l’activité partielle liée à la fermeture des magasins entre le 15 mars et le 10 mai 2020 est neutralisée et ne réduit pas la prime.
Cette prime ne rentre ni dans le calcul du salaire minimum conventionnel ni dans celui de la prime de fin d’année.
À compter de 2021, son montant maximal doit passer à 260 € bruts, avec une condition d’ancienneté ramenée à un an. Elle doit ensuite être versée chaque année sur la paie du mois de juin.
Une vérification des classifications
La direction s’engage à examiner individuellement le positionnement des salariés qui n’ont bénéficié d’aucune évolution de niveau ou d’échelon au cours des cinq dernières années, lorsqu’ils occupent toujours la même fonction.
Un bilan des augmentations individuelles et des évolutions décidées doit être présenté au CSE.
L’amélioration de certains congés familiaux
Pour les salariés ayant au moins un an d’ancienneté et trois enfants ou plus à charge âgés de moins de 16 ans, le droit à absence rémunérée en cas de maladie d’un enfant passe à :
- 4 jours par année civile ;
- ou 8 demi-journées.
Les autres dispositifs sont maintenus, notamment les cinq jours en cas d’hospitalisation d’un enfant ou de maladie ou d’hospitalisation d’un enfant handicapé.
Certains congés pour événements familiaux sont également étendus aux salariés vivant en concubinage, sous réserve d’avoir un enfant commun ou de justifier d’au moins deux ans de vie commune.
La gratification employeur liée à la médaille du travail
L’accord met en place une gratification versée par l’employeur à l’occasion de l’obtention de la médaille d’honneur du travail.
Sur présentation d’un diplôme datant de moins d’un an, les salariés ayant effectué dans l’entreprise :
- 20 ans bénéficient de 600 € en bons d’achat ;
- 30 ans bénéficient de 800 € en bons d’achat ;
- 40 ans bénéficient de 1 000 € en bons d’achat.
Ces bons d’achat, d’une valeur unitaire de 100 €, sont utilisables dans les établissements de l’UES Darty Grand Ouest.
Une indemnité pour l’entretien des tenues
Les techniciens et les livreurs soumis à l’obligation de porter une tenue complète Darty peuvent bénéficier d’une indemnité forfaitaire annuelle de 20 € pour son entretien.
Cette indemnité est proratisée pour les salariés à temps partiel et doit être demandée sous forme de note de frais, avec un justificatif d’achat de lessive ou de frais de pressing.
Des négociations reportées
Plusieurs sujets ne sont pas réglés par les NAO et doivent faire l’objet de discussions ultérieures :
- l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail ;
- le renouvellement de l’accord d’intéressement ;
- la rémunération variable des conseillers Pôle Services ;
- la rémunération variable des salariés de l’Assistance technique téléphonique de Bègles ;
- la mise en place d’une rémunération à l’acte pour les livreurs réalisant des prestations payantes.
L’analyse de la CGT
La création d’une prime vacances pérenne constitue une avancée attendue depuis longtemps par les salariés de Darty Grand Ouest. La mise en place de deux grilles distinctes pour les techniciens permet également de mieux reconnaître les spécificités des techniciens mixtes et non mixtes.
Toutefois, le montant de la prime vacances reste très inférieur aux 500 € revendiqués par la CGT. Pour 2020, elle est limitée à 150 € bruts maximum et peut encore être réduite selon le temps de travail et certaines absences.
La principale insuffisance reste l’absence totale d’augmentation collective des salaires. Les budgets prévus sont consacrés uniquement à des mesures individuelles, dont l’attribution dépend des décisions de la hiérarchie. Une augmentation générale aurait pourtant permis à tous les salariés de bénéficier directement des bons résultats retrouvés par l’entreprise après le confinement.
La valeur du titre-restaurant n’est pas revalorisée. L’impact des absences liées à la Covid-19 intervenues après le 10 mai n’est pas non plus neutralisé pour le calcul de la prime de fin d’année. Enfin, aucune solution n’est apportée à la situation des étudiants titulaires de contrats à temps partiel annualisé, dont la rémunération mensuelle peut être particulièrement faible.
L’accord NAO 2020 apporte donc plusieurs améliorations, notamment la création de la prime vacances, les nouvelles grilles des techniciens et la gratification employeur liée à la médaille du travail. Il reste cependant très insuffisant sur la question essentielle des salaires puisqu’il ne prévoit aucune augmentation collective bénéficiant à l’ensemble des salariés.
