Les négociations annuelles obligatoires 2021 de Darty Grand Ouest se sont déroulées les 26 février, 9 mars et 23 mars 2021, dans un contexte encore marqué par la crise sanitaire. Elles ont abouti à un accord signé le 1er avril 2021, applicable à l’ensemble des salariés de l’UES Darty Grand Ouest.
La revalorisation de certaines grilles de salaire
L’accord prévoit une revalorisation ciblée des grilles de trois catégories de salariés :
- les livreurs, avec des salaires fixes allant de 1 554,58 € à 1 675 € bruts mensuels selon le niveau et l’échelon ;
- les conseillers Pôle Services, avec une grille allant de 1 559,10 € à 1 741,58 € ;
- les salariés de l’Assistance technique téléphonique de Bègles et de la Direction Relation Consommateurs, avec des salaires allant de 1 568,15 € à 1 770 €.
Ces nouvelles grilles sont applicables rétroactivement à compter du 1er mars 2021.
Pas d’augmentation collective générale
En dehors de ces revalorisations de grilles et du respect des minima conventionnels, l’accord ne prévoit aucune augmentation collective générale des salaires.
Pour les employés, ouvriers et techniciens, les augmentations sont distribuées individuellement à partir d’une enveloppe de :
- 150 000 € pour l’année 2021 ;
- soit 165 000 € en année pleine.
Une attention particulière doit être portée aux salariés de l’Assistance technique téléphonique de Bègles ainsi qu’aux concepteurs vendeurs cuisine.
Pour les agents de maîtrise et les cadres, une enveloppe de :
- 380 000 € pour l’année 2021 ;
- soit 450 000 € en année pleine
est consacrée exclusivement aux augmentations individuelles.
La revalorisation des titres-restaurant
À compter de la commande du mois de mai 2021, la valeur du titre-restaurant passe de :
- 7,60 € à 7,80 € pour un jour de travail ordinaire ;
- 7,60 € à 10 € pour les salariés travaillant le dimanche.
Pour le titre-restaurant ordinaire, la participation de l’entreprise passe de 4,56 € à 4,68 €, soit une augmentation de 12 centimes par repas.
Une prime vacances portée à 500 €
La principale avancée de l’accord concerne la prime vacances, dont le montant maximal passe de 260 € à 500 € bruts à compter de 2021.
Cette prime est pérennisée et doit désormais être versée chaque année sur la paie du mois de juin. Pour en bénéficier, le salarié doit :
- être employé en CDI ou en CDD ;
- avoir au moins un an d’ancienneté ;
- être toujours présent dans les effectifs au 30 juin.
Le montant de 500 € correspond à un salarié à temps complet. Il est proratisé pour les salariés à temps partiel et en fonction du temps de présence effectif. Les congés payés, les congés pour événements familiaux, les congés de maternité et de paternité ainsi que les absences liées à l’exercice d’un mandat représentatif sont notamment assimilés à du temps de présence.
Cette prime ne rentre ni dans le calcul du salaire minimum conventionnel ni dans celui de la prime de fin d’année.
Une contribution exceptionnelle de 83 000 € au CSE
En raison des perturbations provoquées par la crise sanitaire sur les activités sociales et culturelles, la direction accorde une contribution exceptionnelle de 83 000 € au budget des activités sociales et culturelles du CSE.
Cette mesure est uniquement valable pour l’année 2021 et ne modifie pas les règles habituelles de calcul du budget du CSE pour les années suivantes.
Les autres engagements
La direction s’engage également à poursuivre le dialogue social sur plusieurs thèmes :
- la négociation d’un nouvel accord d’intéressement ;
- la mise en place du forfait mobilité durable ;
- la rémunération variable des conseillers Pôle Services ;
- la rémunération variable des salariés de l’Assistance technique téléphonique de Bègles ;
- la rémunération variable des livreurs ;
- l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
L’analyse de la CGT
La hausse de la prime vacances constitue une avancée importante. Son montant maximal passe de 260 à 500 €, soit une augmentation de 240 €. Il dépasse même la revendication initiale de la CGT, qui demandait que cette prime soit portée à 450 €.
La valeur du titre-restaurant accordé le dimanche atteint également les 10 € revendiqués par la CGT. En revanche, le titre-restaurant ordinaire n’est porté qu’à 7,80 €, au lieu des 8 € demandés, et la contribution supplémentaire de l’entreprise reste limitée à 12 centimes par repas.
La revalorisation des grilles des livreurs, des conseillers Pôle Services et des salariés de l’ATT et de la DRC reconnaît en partie les problèmes de rémunération, de polyvalence et de recrutement rencontrés dans ces métiers. Toutefois, elle ne bénéficie pas à l’ensemble des salariés.
La principale faiblesse de l’accord reste donc l’absence d’augmentation générale des salaires. La CGT revendiquait une hausse de 4 % pour tous les salariés, qu’ils soient positionnés dans une grille ou hors grille. Cette demande n’a pas été retenue : pour la majorité des salariés, les éventuelles augmentations continuent de dépendre de décisions individuelles prises par la hiérarchie.
Dans le même temps, le Groupe Fnac Darty propose de rétablir la rémunération de ses actionnaires en versant un dividende de 1 € par action, représentant une distribution totale d’environ 27 millions d’euros, sous réserve de son approbation par l’assemblée générale.
L’accord NAO 2021 apporte des améliorations réelles, notamment avec le quasi-doublement de la prime vacances, la hausse du titre-restaurant du dimanche et la revalorisation de certaines grilles. Il reste cependant insuffisant sur la question essentielle des salaires, puisqu’il ne prévoit aucune augmentation générale bénéficiant à tous les salariés.
