NAO 2022 : un accord conclu
Les négociations annuelles obligatoires 2022 de Darty Grand Ouest se sont déroulées au cours de quatre réunions, les 25 février, 11 mars, 24 mars et 12 avril 2022.
Elles ont abouti à un accord signé le 28 avril 2022, applicable à l’ensemble des salariés de l’UES Darty Grand Ouest.
La revalorisation des salaires
L’accord prévoit une revalorisation des grilles de salaire fixe applicable à compter du 1er mai 2022. Elle est calculée à partir des minima conventionnels en vigueur au 1er janvier 2022, avec des taux allant de :
- 3,5 % pour les premiers niveaux et échelons ;
- puis des taux progressivement réduits selon la classification ;
- jusqu’à 2,5 % pour les niveaux les plus élevés.
Selon la classification, la hausse théorique du minimum de salaire représente entre environ 46 € et 93 € bruts par mois.
Des règles différentes selon le salaire de base
L’augmentation réellement appliquée dépend de la situation du salarié :
- lorsque le salaire de base est inférieur au minimum conventionnel de janvier 2022, le nouveau minimum théorique de la grille est appliqué ;
- lorsque le salaire est compris entre le minimum conventionnel de janvier et le nouveau minimum théorique de mai, l’entreprise retient la solution la plus favorable entre l’application de l’écart prévu par la grille et une augmentation de 2,5 % ;
- lorsque le salaire est déjà supérieur au nouveau minimum théorique, le salaire de base est augmenté de 2,5 %.
Des salariés exclus de la revalorisation
Ces augmentations ne s’appliquent pas :
- aux salariés ayant moins de six mois d’ancienneté au 1er mai 2022 ;
- aux salariés ayant bénéficié d’une augmentation individuelle ou promotionnelle au cours des six mois précédents.
Lorsque l’augmentation individuelle obtenue au cours de cette période est inférieure à 2,5 %, un complément est toutefois versé afin que l’augmentation cumulée atteigne 2,5 % du salaire de base.
La prime de fin d’année
Les absences liées aux congés de maternité et de paternité sont désormais considérées comme du temps de travail effectif pour le calcul de la prime de fin d’année.
Elles n’entraînent donc plus d’abattement de cette prime, comme c’était déjà le cas pour la participation, l’intéressement et la prime vacances.
Une expérimentation de la semaine de quatre jours
La direction prévoit de tester des organisations du travail sur quatre jours par semaine pendant la période de modulation 2022-2023.
Ces expérimentations doivent, dans un premier temps, concerner les filières :
- magasin ;
- livraison ;
- intervention à domicile.
Leur organisation et leur suivi doivent être définis avec des responsables volontaires et les représentants du personnel.
Les congés pour événements familiaux
Le congé accordé aux parents lors de l’annonce d’une maladie chronique ou d’un cancer de leur enfant passe de deux à cinq jours.
L’accord rappelle également que les droits liés à la garde d’un enfant malade s’apprécient par salarié, quel que soit le nombre d’enfants, en dehors du cas particulier du premier enfant.
La médaille du travail
Les gratifications versées par l’employeur à l’occasion de la médaille du travail sont désormais payées en argent, en remplacement des bons d’achat :
- 600 € nets pour 20 ans d’ancienneté dans l’entreprise ;
- 800 € nets pour 30 ans d’ancienneté ;
- 1 000 € nets pour 40 ans d’ancienneté.
Pour en bénéficier, le salarié doit présenter un diplôme de la médaille du travail datant de moins d’un an.
Les autres mesures
L’accord prévoit également :
- le remplacement de l’ancienne « prime rideau » par la prime d’installation prévue par l’accord du Groupe sur la mobilité ;
- l’ouverture de négociations sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ;
- l’ouverture d’une négociation sur la mobilité ;
- une concertation sur le système de rémunération variable des conseillers Pôle Services.
L’analyse de la CGT
L’augmentation des grilles représente une progression d’environ 50 à 55 € pour de nombreux emplois. Toutefois, l’analyse réalisée par la CGT montre que plusieurs salaires de base restent inférieurs au SMIC ou aux nouveaux minima conventionnels devant entrer en vigueur quelques semaines plus tard.
Pour de nombreux métiers, une partie de la rémunération variable continuera donc à servir à compléter le salaire afin d’atteindre les minima obligatoires. Les salariés peuvent ainsi avoir l’impression de bénéficier d’une augmentation du fixe sans constater une progression équivalente de leur rémunération totale.
La situation est particulièrement problématique pour certaines catégories :
- pour les employés administratifs et logistiques, près de 49 € sur les 70 € de variable pourraient servir à atteindre le minimum conventionnel ;
- pour certains assistants techniciens, environ 70 € sur un variable potentiel de 175 € pourraient être absorbés par le rattrapage des minima ;
- pour les vendeurs, le niveau très faible du salaire fixe ne garantit pas que l’augmentation soit réellement visible si le montant du variable n’est pas maintenu.
La CGT considère également que les grilles salariales proposées restent parmi les plus basses de l’enseigne Darty et qu’elles ne permettront ni de réduire durablement le turn-over ni de compenser suffisamment l’augmentation du coût de la vie.
Dans le même temps, Fnac Darty prévoit de proposer à son assemblée générale le versement d’un dividende de 2 € par action, soit une distribution totale d’environ 53,5 millions d’euros aux actionnaires.
L’accord NAO 2022 contient quelques avancées, notamment sur les congés familiaux, la prime de fin d’année et la médaille du travail. Toutefois, les augmentations salariales restent insuffisantes pour corriger les problèmes structurels des grilles et garantir une réelle progression du pouvoir d’achat de tous les salariés.
