NAO 2025 : aucun accord signé
Les négociations annuelles obligatoires 2025 de Darty Grand Ouest se sont terminées sans accord entre la direction et les organisations syndicales. Après trois réunions organisées les 4, 18 et 25 mars 2025, un procès-verbal de désaccord a été établi. Les mesures retenues ont donc été décidées et appliquées unilatéralement par l’entreprise.
Les principales mesures salariales
La direction a procédé à une revalorisation des grilles de salaire de plusieurs catégories d’employés :
- 30 € bruts mensuels minimum pour les vendeurs et les conseillers Pôle Services ;
- 15 € bruts mensuels minimum pour les employés administratifs services et les employés logistiques services ;
- 15 € bruts mensuels minimum pour les chargés de clientèle et de relation client ;
- 15 € bruts mensuels minimum pour les assistants techniques, les assistants techniques N2, les assistants techniciens et les techniciens.
Ces augmentations minimales concernaient également les salariés dont le salaire fixe était déjà supérieur à leur grille. Les nouvelles grilles sont entrées en vigueur le 1er avril 2025.
Une partie du variable transférée dans le salaire fixe
Pour certaines catégories, la revalorisation du salaire de base comprend la réintégration d’une partie de la rémunération variable :
- 30 € transférés du variable vers le fixe pour les chargés de clientèle, les chargés de relation client et les assistants techniques ;
- 50 € pour les assistants techniques N2 ;
- 50 € pour les assistants techniciens ;
- 25 € pour les techniciens mixtes intervenant à domicile.
Cette opération augmente la part fixe de la rémunération, mais elle ne représente pas intégralement une augmentation nouvelle puisque les montants correspondants ont été retirés du variable.
Les augmentations individuelles
En complément des revalorisations de grilles, la direction a prévu :
- une enveloppe de 117 000 € chargés, d’avril à décembre 2025, pour les augmentations individuelles des employés, soit 152 000 € en année pleine ;
- une enveloppe de 383 000 € chargés, d’avril à décembre 2025, pour les augmentations individuelles des agents de maîtrise et des cadres, soit 479 000 € en année pleine ;
- une enveloppe supplémentaire de 200 000 € chargés destinée à des primes exceptionnelles individuelles pour certains agents de maîtrise et cadres.
L’attribution de ces augmentations et primes dépendait principalement de l’appréciation de la performance individuelle et des décisions de la hiérarchie.
Une prime exceptionnelle de 80 € maximum
Une prime exceptionnelle Darty Grand Ouest d’un montant maximal de 80 € brut a été versée sur la paie de juin 2025.
Elle concernait les salariés en CDI ou en CDD ayant au moins un an d’ancienneté, mais son montant pouvait être réduit en fonction :
- du temps de travail contractuel ;
- du temps de présence effectif ;
- de certaines absences intervenues entre le 1er juillet 2024 et le 30 juin 2025.
Cette prime ne rentrait ni dans le calcul du minimum conventionnel ni dans celui de la prime de fin d’année.
Les autres mesures
La direction a également mis en place :
- une indemnité de panier de 9 € par jour travaillé pour les livreurs et les techniciens d’intervention à domicile travaillant intégralement hors de leur site d’affectation, en remplacement des titres-restaurant ;
- la possibilité de monétiser jusqu’à 5 jours de compte épargne-temps, uniquement parmi les jours pouvant légalement être convertis en argent ;
- la poursuite des actions en faveur de l’égalité professionnelle, avec un index égalité femmes-hommes de 88 sur 100 pour l’année 2024.
L’analyse de la CGT
La CGT réclamait notamment une augmentation générale de 4 %, une revalorisation de la prime vacances de 500 à 700 €, une amélioration de la prime d’ancienneté et des rémunérations variables, ainsi que l’extension de certaines grilles de classification. Ces principales revendications n’ont pas été retenues.
Même si les NAO 2025 ont apporté des revalorisations pour plusieurs métiers, elles ne se sont pas traduites par une augmentation générale identique pour tous les salariés. Une partie des sommes annoncées correspond au transfert de rémunérations variables vers le salaire fixe, tandis qu’une part importante du budget reste distribuée sous forme d’augmentations ou de primes individuelles, attribuées à la discrétion de la hiérarchie.
Dans le même temps, le dividende versé aux actionnaires est passé de 0,45 € à 1 € par action, soit une hausse de plus de 120 %. La rémunération des actionnaires a donc plus que doublé, pour une distribution totale d’environ 29,4 millions d’euros.
Pour la CGT, ce choix révèle les véritables priorités du Groupe : les principales revendications salariales sont refusées et les salariés ne bénéficient d’aucune augmentation générale, tandis que près de 30 millions d’euros sont consacrés à la rémunération des actionnaires.
