Une remarque humiliante, une mise à l’écart, une pression inhabituelle ou une dégradation des conditions de travail peut laisser le salarié hésitant : faut-il réagir, attendre, écrire ou demander de l’aide ? Voici les premiers réflexes à adopter avant même d’avoir décidé d’effectuer un signalement formel.
Dans les premières heures ou les premiers jours
L’objectif n’est pas de constituer immédiatement un dossier parfait, mais de préserver votre santé, conserver une trace des faits et éviter de rester seul face à la situation.
Les six premiers réflexes
1. Se mettre en sécurité
Lorsque la situation provoque de la peur, une forte détresse ou un sentiment d’insécurité, vous n’êtes pas obligé d’affronter seul la personne concernée.
- éloignez-vous temporairement de la situation lorsque cela est possible ;
- demandez la présence d’un tiers lors d’un échange difficile ;
- prévenez rapidement un responsable, un élu ou un représentant syndical ;
- demandez une organisation évitant provisoirement certaines rencontres ;
- en cas de danger immédiat, contactez les services compétents.
2. Préserver sa santé
Fatigue, anxiété, troubles du sommeil, douleurs, peur de venir travailler ou difficultés de concentration ne doivent pas être minimisés.
- consultez votre médecin traitant si votre santé est affectée ;
- demandez une visite auprès du médecin du travail ;
- contactez la cellule d’écoute psychologique ;
- informez un représentant du personnel ou la CGT ;
- notez la date d’apparition des troubles et leur évolution.
0 800 513 032 – appel gratuit – 24 h/24 et 7 j/7.
Cette cellule apporte une écoute et un soutien psychologique. Elle ne constitue pas nécessairement un signalement officiel adressé à l’entreprise.
3. Noter immédiatement les faits
Écrivez les faits rapidement, même dans un document personnel. Plus le temps passe, plus il devient difficile de retrouver les dates, les paroles exactes et les personnes présentes.
| Date et lieu | Faits précis | Personnes présentes | Conséquences immédiates |
|---|---|---|---|
| 12 mai, vers 14 h, réserve du magasin | Paroles prononcées ou comportement constaté | Noms des personnes présentes | Pleurs, stress, départ du poste, difficulté à travailler… |
« Le 12 mai, vers 14 heures, devant deux collègues, mon responsable m’a déclaré : “…” »
4. Conserver les premiers éléments
À conserver
- courriels et SMS ;
- messages professionnels ;
- plannings ;
- consignes écrites ;
- courriers et réponses ;
- comptes rendus déjà reçus.
À noter
- les noms des personnes présentes ;
- les dates des échanges oraux ;
- les changements de comportement ;
- les modifications de poste ou d’horaires ;
- les démarches déjà effectuées ;
- les réponses obtenues.
5. Identifier les personnes présentes
Notez le nom des personnes qui ont vu, entendu ou constaté directement les faits. Elles pourront éventuellement être interrogées plus tard.
- ne leur demandez pas de confirmer des faits qu’elles n’ont pas constatés ;
- ne leur suggérez pas les mots à employer ;
- demandez simplement ce qu’elles ont personnellement vu ou entendu ;
- notez aussi les personnes auxquelles vous avez parlé immédiatement après les faits.
6. Demander conseil avant d’agir
Il est souvent utile de raconter la situation à une personne extérieure aux faits avant d’envoyer un courrier ou d’engager une démarche.
Vous pouvez notamment contacter :
- la CGT ou un représentant syndical ;
- un élu du CSE ;
- le médecin du travail ;
- le référent harcèlement ;
- les ressources humaines ;
- la cellule d’écoute psychologique.
Les coordonnées du référent harcèlement sont disponibles sur l’affichage permanent de chaque site.
Les coordonnées de l’assistance sociale sont également disponibles sur l’affichage permanent de chaque site. Cette assistance peut aider sur les conséquences sociales, familiales ou administratives d’une difficulté, mais elle ne remplace pas un signalement.
7. Faut-il déjà faire un signalement écrit ?
Un signalement écrit peut devenir nécessaire lorsque :
- les faits se répètent ;
- la santé ou les conditions de travail se dégradent ;
- une démarche orale n’a pas permis de faire cesser la situation ;
- vous demandez une mesure de protection ;
- vous souhaitez que l’entreprise examine officiellement les faits ;
- vous avez besoin de conserver une trace précise de votre démarche.
Ce qu’il vaut mieux éviter
Attendre que la situation devienne insupportable
Demander conseil tôt permet souvent de mieux conserver les faits, d’éviter une aggravation et d’envisager des mesures de prévention.
Publier les accusations sur les réseaux sociaux
Une diffusion publique peut compliquer l’examen des faits, exposer les personnes concernées et porter atteinte à la confidentialité. Adressez-vous d’abord aux interlocuteurs utiles.
Envoyer un courrier sous le coup de l’émotion
Vous pouvez préparer un brouillon, le relire à froid et demander à un représentant syndical de vérifier que les faits et les demandes sont présentés clairement.
Chercher immédiatement à obtenir une attestation de tout le monde
Commencez par identifier les personnes présentes. Les attestations formelles pourront être envisagées ensuite, en expliquant clairement leur usage et leurs conséquences.
Vous pouvez contacter la CGT dès les premiers faits
Il n’est pas nécessaire d’avoir déjà constitué un dossier complet. La CGT Darty Grand Ouest peut vous aider à remettre les faits dans l’ordre, identifier les premières mesures utiles et décider s’il convient de formaliser un signalement.
Écrire à la CGT Contacter un délégué syndical